LA LETTRE NUCLEAIRE
Lettre nucléaire n° 18
Le trou dozone sur lAntarctique
Lozone est une forme instable de loxygène constituée de lunion de 3 atomes doxygène (O3), alors que la molécule doxygène que nous respirons est constituée de seulement 2 atomes doxygène (O2).
Lozone instable abandonne facilement son atome surnuméraire qui se montre alors très agressif, cest-à-dire très oxydant.
Cette agressivité est parfois mise à profit pour épurer lair ambiant (ozoniseurs) ou pour désinfecter les eaux de distribution dans certaines stations dépuration. Il joue à ce niveau le même rôle que leau de Javel.
LOzone est un gaz toxique. Il a chez lhomme une action irritante sur les muqueuses des voies respiratoires.
En revanche, dans la stratosphère, il se révèle particulièrement utile, car il nous protège des rayons ultraviolets du soleil.
Il est formé par des réactions chimiques de haute énergie mettant en jeu des rayons solaires de très courte longueur donde (UV lointains) qui arrivent à casser les molécules doxygène de lair :
O2 + UV (court) ->2 O
Alors, chaque atome doxygène peut sunir à une molécule doxygène pour donner lozone :
O + O2 ->O3
La vie sur terre a pu se développer grâce à lozone qui forme à une vingtaine de kilomètres daltitude un bouclier filtrant qui arrête les rayons ultraviolets de plus grande longueur donde (UV proche).
Cet effet filtrant est représenté par la formule :
O3 + UV (long) ->O2 + O
Diverses substances présentes dans la stratosphère sont susceptibles de réagir avec lozone pour le faire disparaître. Tel est le cas du chlore qui réagit avec lozone de la façon suivante :
Cl + O3 ->ClO + O2
La raréfaction de lozone saggrave dannée en année durant les quelques semaines du printemps antarctique, provoquant dans le public une émotion bien légitime.
Quun excès de rayonnement ultraviolet sabatte sur un continent relativement désertique ne provoque de soucis que pour les espèces animales qui y vivent.
En revanche, si cette percée des ultraviolets devait sétendre sur le reste du globe, les conséquences sur la biosphère seraient considérables.
Les scientifiques ont étudié le problème de très près.
Ils ont notamment observé que durant lhiver austral, en labsence densoleillement, il y a disparition totale des oxydes dazote de la phase gazeuse en stratosphère au-dessus de lAntarctique.
En outre, un gigantesque anticyclone sinstalle sur le continent antarctique durant tout lhiver, bloquant la circulation des gaz stratosphériques pendant quelques mois.
Lhypothèse retenue est que durant lhiver, les cristaux de glace en suspension dans lair à très haute altitude sont le siège de réactions chimiques qui fabriquent des substances qui libérent, le printemps venu, sous leffet du rayonnement solaire, le chlore destructeur dozone.
Ce déferlement subit datomes de chlore a vite fait de consommer une grande partie de lozone qui, pendant lhiver, avait connu un répit faute dénergie solaire.
Ce phénomène de destruction semble sêtre emballé au cours de ces dernières années car la production mondiale de dérivés organiques du chlore (fréons et autres Chlorofluorocarbones (CFC)) est arrivée au point que la stratosphère a fini par contenir plus de chlore dorigine artificielle que dorigine naturelle.
En conséquence, les principaux producteurs mondiaux ont décidé de recourir à des produits de substitution.
Aussi dispose-t-on aujourdhui, de propulseurs daérosols « respectueux de la couche dozone », dont certains, néanmoins, sont dangereusement inflammables (il peut sagir, par exemple, du butane que nous rencontrons dans lessence automobile).
Malheureusement, les millions de tonnes de CFC produites durant les décennies passées sont toujours présentes dans latmosphère.
En conséquence, ces gaz vont encore longtemps provoquer par réaction chimique en présence du rayonnement ultraviolet la libération inéluctable du chlore responsable de la destruction de lozone.
En outre, beaucoup dEtats en développement se sont engagés dans la fabrication dunités de production de CFC, ce qui retarde la disparition totale de tels produits de la chaîne de distribution.
La disparition totale des dérivés organiques
du chlore dans la stratosphère est une condition absolument nécessaire
à la reconstitution de la couche dozone.
BWM Conseil
Section Communication
bmwconseil@nucleaire.net
Pour en savoir plus, lire l'ouvrage " l'Atome Ecologique
" de Bernard Wiesenfeld. 1998, Editions EDP Sciences (
customers@edpsciences.com ).
Si vous voulez
revenir au menu, cliquez sur ACCUEIL
Si vous voulez
vous exprimer sur la question nucléaire, cliquez sur FORUM
Si vous voulez
en savoir plus sur lactivité des entreprises nucléaires,
cliquez sur le logo ci-dessous :