LA LETTRE NUCLEAIRE
Lettre nucléaire n° 19
Pourquoi la combustion des hydrocarbures est-elle polluante
?
Outre leffet de serre (traité dans la lettre nucléaire n° 15), la combustion des hydrocarbures (encore appelés combustibles fossiles) dégage des gaz qui provoquent une pollution atmosphérique nuisible aux populations exposées.
Ces gaz sont principalement constitués doxygène (ozone), dazote (dioxyde dazote), de soufre (dioxyde de soufre) et de carbone (matières imbrûlées et cendres).
1- Mécanisme de production de gaz polluants
Les hydrocarbures sont des substances dont les molécules sont composées dhydrogène et de carbone.
On les trouve sous forme gazeuse, liquide (pétroles) ou solide (charbons).
Lhydrocarbure le plus riche en hydrogène est un gaz (le méthane, encore appelé gaz de ville), le plus pauvre en hydrogène est un solide (le charbon).
Le pétrole subit avant consommation une opération de raffinage consisant à séparer par distillation ses différents dérivés :
En ce qui concerne les charbons, leur teneur en carbone (traduisant leur qualité énergétique) croît avec lancienneté du gisement :
Quand on brûle un hydrocarbure en présence dair comme source doxygène, on obtient idéalement de leau et du dioxyde de carbone, gaz non polluant (bien que contributeur principal de leffet de serre).
On obtient donc la réaction chimique suivante :
HYDROCARBURE + OXYGENE -> DIOXYDE DE CARBONE + EAU
Malheureusement, la combustion réelle est plus compliquée que la théorie et produit de nombreux polluants atmosphériques :
La production de ces différents polluants par les flammes dépend de la teneur en impuretés du combustible, qui est variable selon le type de combustible fossile utilisé.
Il est possible deffectuer une épuration afin de débarrasser lhydrocarbure de ses composants toxiques indésirables.
Cependant, lépuration est une opération particulièrement coûteuse, notamment pour le charbon et le pétrole.
Il est donc nécessaire avant toute décision, de mesurer le rapport Coût / Bénéfice afin dévaluer lintérêt économique dengager une opération dépuration du combustible fossile pressenti eu égard au bénéfice quon peut en espérer sur le plan de la qualité de lair.
A titre dillustration, évoquons le cas de la pollution atmosphérique des zones urbanisées provoquée par le trafic automobile.
Les gaz incriminés sont principalement le dioxyde dazote
(NO2) et lozone (03) formé dans le cycle photolytique du dioxyde
dazote :
| NO2 -> NO + O | en présence du rayonnement solaire (ultraviolet) | |
|
O + O2 -> O3 |
On déduit des réactions ci-dessus que la formation dozone est favorisée par un rayonnement ultraviolet intense (bon ensoleillement) et un taux élevé de dioxyde dazote (trafic automobile dense). Cest pour cette raison quon atteint régulièrement les seuils de pollution en ozone (O3) ou en dioxyde dazote (NO2) dans la région parisienne en été, lorsque le trafic est dense et lensoleillement important.
En revanche, les taux élevés de monoxyde dazote (NO) diminuent la concentration dozone, conformément à la réaction suivante :
|
|
O3 + NO -> NO2 + O2 |
2- Effets toxiques constatés
Les effets toxiques constatés (études expérimentales et épidémiologiques) sont, selon certains experts, principalement une hyper-réactivité bronchique et une initiation de phénomènes inflammatoires. Plus précisément, les gaz polluants ont une action irritante sur la muqueuse des voies aériennes et obéissent à une relation dose-effet.
On a pu par exemple observer une prévalence plus élevée des crises dasthme dans des régions de forte pollution et une augmentation de lincidence des crises au cours de pics de pollution, surtout chez lenfant. Par ailleurs, lexposition continue aux polluants aériens augmente la prévalence des bronchites chroniques.
Aux fortes doses, on peut craindre une augmentation de la sensibilité aux infections respiratoires par altération du système de défense des voies aériennes mais aux doses plus classiques, les données actuelles ne permettent pas détablir clairement le rôle des polluants atmosphériques comme facteur de risque pour les infections respiratoires.
3- Prise en compte du parc des centrales électriques françaises
Nous savons que lélectricité française est à 80 % dorigine nucléaire et que, par ailleurs, une centrale nucléaire ne dégage aucun gaz polluant (tout comme elle ne dégage aucun gaz à effet de serre).
Si le parc électronucléaire français avait
été remplacé par des centrales à combustible fossile
(gaz, pétrole ou charbon), la pollution aurait été sensiblement
plus alarmante puisquune telle substitution aurait provoqué annuellement
un rejet supplémentaire à latmosphère de 2 millions
de tonnes de soufre, 1 million de tonnes de dioxyde dazote ainsi que
78 000 tonnes de poussières !
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Pour en savoir plus, lire l'ouvrage " l'Atome Ecologique
" de Bernard Wiesenfeld. 1998, Editions EDP Sciences (
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