Lettre nucléaire n° 21

Le problème des faibles doses

 

Des travaux considérables sont consacrés, depuis des décennies, à l’étude des effets des rayonnements ionisants dans le domaine des fortes doses ainsi que dans celui des doses et débits de dose les plus faibles possibles accessibles aux études expérimentales et épidémiologiques . L’étude des effets des fortes doses est relativement facile à appréhender en comparaison des faibles doses pour lesquelles en dessous d’un certain seuil, il est très difficile voire impossible d’étudier les effets éventuels dans des conditions satisfaisantes.

Effets des faibles doses. Le point actuel.

Pour les doses inférieures à 0,2 Sv, seules quelques modifications biologiques transitoires sans conséquence pathologique peuvent éventuellement être observées.

Quelques remarques :

Les limites méthodologiques de l’épidémiologie ne permettront jamais de déterminer par ce moyen l’effet des très faibles doses.

A titre d’exemple, Doll a estimé que, pour des taux spontanés de 50 cas sur 1 million d’individus, il faudrait suivre au moins 8 millions de personnes pour mettre en évidence l’effet de 50 mGy, si toutefois cet effet existe …

En conclusion, compte tenu du bruit de fond constitué par les cancers spontanés, indiscernables des cancers radio-induits, la démonstration indiscutable de l’existence d’un seuil en radio-cancérogenèse est actuellement impossible. Il en est de même de son absence.

La réglementation dans le domaine des faibles doses

A titre conservatif, la CIPR a choisi de retenir, depuis 1957, l’hypothèse d’absence de seuil considérant que toute dose est susceptible d’entraîner un effet puisqu’il n’est pas possible de prouver de façon indiscutable qu’aucun effet n’existe.

Les normes européennes (et donc françaises puisqu’elles en découlent) sont donc établies comme si l’effet de cancer radio-induit existait inéluctablement aux faibles doses, et ceci bien qu’on ne l’ait jamais constaté.

Rappelons que, d’après le rapport de l ‘Académie des Sciences de 1989, ces normes apparaissent d’une sévérité qui n’est pas justifiée scientifiquement.

En pratique, la réglementation impose aux travailleurs le respect du principe de précaution ALARA (As Soon As Reasonably Achievable) selon lequel il faut maintenir les expositions aux rayonnements ionisants aussi bas que raisonnablement possible compte tenu des contraintes économiques et sociales.

Sources d’irradiation
Les rayonnements ionisants trouvent leur origine soit dans des sources naturelles (voir lettre nucléaire n° 22), soit dans des sources liées à l’activité humaine. Dans les 2 cas, les rayonnements sont de même nature et, à doses et débits de dose égaux, les effets sont rigoureusement identiques.



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Pour en savoir plus, lire l'ouvrage " l'Atome Ecologique " de Bernard Wiesenfeld. 1998, Editions EDP Sciences ( customers@edpsciences.com ).

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