Lettre nucléaire n° 26

Le spectre de la guerre en Irak.

L’Irak est un pays déterminant pour la stabilité énergétique de la planète.
Ses réserves en pétrole sont égales à 10% des réserves mondiales.
En outre, on connaît depuis longtemps la volonté de Saddam Hussein de se doter d’armes de destruction massive, qu’elles soient chimiques, bactériologiques ou nucléaires.
La menace pour le Moyen-Orient est de voir l’Irak prendre le contrôle d’une grande partie de l’énergie mondiale et de menacer le reste du monde par un chantage fondé sur la terreur.
De leur côté, les États-unis n’ont jamais cessé, depuis la Seconde Guerre Mondiale, de placer leur accès au pétrole du Moyen-Orient comme un axe central de leur politique énergétique.
La montée de l’intégrisme islamique ne peut alors qu’inquiéter les États-unis qui, avec 5% de la population du globe, consomment le quart de la production mondiale de brut et importent plus de la moitié de leurs besoins.

L’Irak détient 112 milliards de barils de pétrole, soit la 2ème réserve prouvée après l’Arabie Saoudite (260 milliards), et 3.110 milliards de mètres cubes de gaz naturel.
En outre, l’Irak a jusqu’à maintenant peu dépensé ses réserves initiales, pour des raisons d’embargo et de quota, et on considère que les réserves irakiennes actuelles représentent encore 80% des réserves initiales alors que seulement 14% du pétrole US, 39% du pétrole russe et 65% du pétrole saoudien restent disponibles,
En conséquence, l’Irak sera incontournable d’ici cinq à dix ans.
L’agence internationale de l’énergie (AIE) table sur une consommation de 120 millions de barils par jour en 2030 contre 77 millions à l’heure actuelle et prévoit un retour en force du Moyen-Orient sur la scène internationale dès 2010. D’ici là, une hausse de la production en Russie, en Azerbaïdjan et au Kazakhstan permettra de compenser le déclin continu des États-unis et celui programmé des gisements de la mer du Nord. Ensuite, seuls les États du Golfe Persique seront en mesure de répondre à la croissance de la demande. Leur production, qui couvre 25% des besoins actuels, devrait en satisfaire 40% en 2020, et représenter alors l’essentiel des exportations mondiales de brut.

Chaque jour, les Américains engloutissent 9 millions de barils dans leur réseau routier. La moindre variation de cours du brut se répercute directement sur les prix à la pompe.
Quels que soient les gouvernements, le dilemme américain est le même depuis 20 ans : soit le pays s’engage dans des économies d’énergie drastiques et participe activement à la lutte contre le réchauffement climatique, soit il affirme que le mode de vie des américains n’est pas négociable, ce qui l’oblige à jouer, en y mettant les moyens, les gendarmes au Moyen-Orient. Réduire la demande et désacraliser la voiture ou renforcer la sécurité des approvisionnements du brut, le président Bush a clairement choisi la seconde solution.

L’Irak constitue donc, à terme, une double menace : celle liée à la possession, par un dictateur, d’armes de destruction massive susceptibles de mettre en danger l’équilibre mondial et celle qui consiste dans quelques années à détenir avec les autres pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats, Koweït, Iran), un quasi monopole sur la production de pétrole. C’est pour ces raisons que les États-unis envisagent d’intervenir militairement en Irak.

Au delà de 2020, la production de pétrole et de gaz commencera à décroître pour des raisons d’épuisement progressif des réserves dont la durée de vie est estimée aujourd’hui à une soixantaine d’années.
Parallèlement, les islamistes rencontreront des difficultés croissantes à trouver des fonds pour financer leurs forfaits puisque les pays qui les soutiennent s’appauvriront. In fine, la guerre déclamée le 11 septembre 2001 s’éteindra faute de combattants.

Les énergies dominantes seront alors les énergies renouvelables pour les pays en développement et l’énergie nucléaire pour les pays développés.

Dans un futur plus lointain, nous ne pouvons pas préjuger des technologies nouvelles que l’intelligence de l’homme sera capable de concevoir pour assurer l’approvisionnent en énergie de la planète.
Cependant, les développements récents nous permettent aujourd’hui de certifier que l’énergie nucléaire pourra assurer la transition aussi longtemps que nécessaire :

Nous disposons d’une centaine d’années en réserves d’uranium.
Grâce au recours au réacteur surgénérateur (type Superphénix ou autre), les réserves peuvent être décuplées grâce à une meilleure utilisation du combustible.
Nous pouvons également envisager l’utilisation du thorium 232 qui possède l’avantage d’être abondant dans la nature. Ce dernier peut produire l’uranium 233 fissile, tout comme l’uranium 238 produit le plutonium 239 dans le surgénérateur de type Superphénix.
Enfin, nous sommes en mesure de concevoir la technologie d’extraction de l’uranium de l’eau de mer, qui en contient 3 microgrammes par litre. Étant donné l’immensité de l’océan, ces réserves sont infinies.

Ces différentes voies nous autorisent à qualifier légitimement l’énergie nucléaire d’énergie renouvelable, car inépuisable.
Le pétrole, quant à lui, aura fourni à notre société de l’énergie pour moins de 2 siècles (en partant de la fondation de la Standard Oil Company par Rockefeller en 1870), et 1,5 siècle seulement en ne comptabilisant que le Moyen-Orient (depuis la découverte du 1er gisement à Bahreïn en 1932).
Cette durée est négligeable dans l’histoire de l’humanité. Cependant, les bouleversements apportés à l’équilibre géopolitique de notre planète auront été considérables.


BWM Conseil
Section Communication
bmwconseil@nucleaire.net

Pour en savoir plus, lire l'ouvrage " l'Atome Écologique " de Bernard Wiesenfeld. 1998, Éditions EDP Sciences ( customers@edpsciences.com ).

Si vous voulez revenir au menu, cliquez sur ACCUEIL

Si vous voulez vous exprimer sur la question nucléaire, cliquez sur FORUM

Si vous voulez en savoir plus sur l’activité des entreprises nucléaires, cliquez sur le logo ci-dessous :

PRECEDENT
SUIVANT

http://www.cea.fr/