Lettre nucléaire n° 36

La bombe iranienne

 

Le ministre des affaires étrangères B. Kouchner déclara récemment que la crise du nucléaire iranien impose de se préparer au pire, qui est la guerre.

Ces paroles fortes traduisent un changement radical dans la politique étrangère française en n’acceptant pas que la bombe atomique iranienne soit construite car  elle constituerait un réel danger  pour l’ensemble du monde.

 

En effet le plus grand défi du XXIème siècle est probablement la lutte contre la prolifération nucléaire.

Celle-ci est régie par deux traités internationaux :

-          le traité de non prolifération nucléaire (TNP), conclu en 1968 et ratifié par 189 pays (dont ne font pas partie l’Inde, le Pakistan et Israël), oblige les Etats qui détiennent l’arme nucléaire à ne pas aider les autres pays à l’acquérir et impose à ces derniers de ne pas la fabriquer

-          le traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), signé en 1996 et ratifié par 138 pays, prévoit, outre cette interdiction, le déploiement d’un réseau de détection des essais, basé sur 321 stations (sismiques, hydroacoustiques, infrasonores et radiologiques) et 16 laboratoires d’analyse.

 

Une bombe atomique peut être fabriquée à partir de l’uranium que l’on trouve naturellement dans la mine ou à partir du plutonium qui est fabriqué artificiellement dans un réacteur nucléaire.

La filière à uranium exige d’enrichir l’uranium naturel en uranium 235 à un taux supérieur à 90 % à l’aide d’une usine d’enrichissement.

La filière à plutonium exige l’utilisation d’une usine de retraitement afin d’extraire le plutonium du combustible usé.

 

Afin de réduire considérablement le risque d’utilisation militaire du plutonium, les réacteurs de 4ème génération seront conçus pour être non proliférants.

De même, pour combattre le risque d’utilisation de l’uranium très enrichi, il faut interdire l’acquisition d’usine d’enrichissement par les pays non détenteurs d’armes nucléaires (ENDAN).

Tel est le cas de l’Iran.

Ainsi, sans même prendre en compte les spécificités de l’Iran concernant son éventuelle dangerosité géopolitique ni les comportements ambigus de son président Mahmoud Ahmadinejad, l’Iran ne doit pas posséder d’usine d’enrichissement, élément proliférant par excellence.

L’installation des centrifugeuses à Natanz doit donc être détruite.

 

Ne pas prendre des mesures drastiques contre ce type d’installation n’aurait pas de sens. On créerait une « ligne Maginot »  de la prolifération en empêchant la fabrication de bombes au plutonium tout en permettant celles à l’uranium.

 

En contrepartie, on doit favoriser l’accès de l’Iran à l’énergie nucléaire civile.

Dans ce cadre, l’uranium faiblement enrichi (de 4 à 5 %) nécessaire au fonctionnement des réacteurs nucléaires iraniens civils sera fourni par un pays étranger détenteur d’armes nucléaires (EDAN).

 

C’est la condition sine qua non pour que le TNP soit sauvegardé ainsi que la pérennité de notre planète

BWM Conseil
Section Communication
bmwconseil@nucleaire.net

 

Pour approfondir, lire les ouvrages de Bernard Wiesenfeld :

Editions EDP Sciences ( customers@edpsciences.com ).

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